Il y a quelques années, Thibault Lanxade, responsable du pôle TPE PME au MEDEF, résumait au micro de BFM TV une situation qui n’a malheureusement pas beaucoup évoluée.

« La mutation dans les entreprises est capitale. Il y a à peu près 800 000 chefs d’entreprises qui vont partir à la retraite d’ici 10 ans. La logique de cession transmission est un vrai sujet mais ces patrons qui vont céder doivent en même temps, opérer la mutation de leurs entreprises, ce qui pose la question de leur propre performance opérationnelle. »

 Or, pour ces chefs d’entreprise, il est plus compliqué de parler de formation que pour leurs salariés. Le chef d’entreprise a un peu d’égo et parler de formation est difficile. Le sujet de l’excellence opérationnelle n’a pas pour seul sujet la croissance. Pour faire muter son entreprise, on va buter sur plusieurs sujets : Aujourd’hui, 70% du financement est intermédié, demain ce ne sera plus cela. La bourse, le Crowdfunding, l’Equity sont des techniques auxquelles il va devoir se former …

Cette remarque est devenue de plus en plus actuelle. Elle devient brûlante avec les projets de lois gouvernementaux et la volonté affichée de notre président d’augmenter le nombre d’ETI

Dans ce contexte, le problème de la formation et de l’accompagnement des dirigeants d’entreprises petites et moyennes devient crucial mais aucun dispositif ne semble s’imposer. Pourquoi ?

Classiquement, on cite trois obstacles à la formation des patrons de TPE/PME :

  1. Des contenus souvent perçus comme éloignés des réalités concrètes de la PME/PMI
  2. Une difficulté temporelle; le patron de PME/PMI, véritable chef d’orchestre, peut difficilement « distraire » du temps ;
  3. Une difficulté de positionnement du « formateur », la question de légitimité étant importante dans cette population.

Essayons d’avoir un double regard sur le dirigeant et l’entreprise. En effet, c’est aux moments clefs de son évolution que l’entreprise a le plus besoin d’un dirigeant formé. Ces moments clefs ? Citons en quelques un :

  1. Succession, recapitalisation & restructuration indispensable.
  2. Développement d’une franchise, d’un produit & financement par un fond.
  3. Fusion entre égaux & Développement international.
  4. Recherche de diversification & aides européennes.
  5. Développement produits & cession d’une partie du capital à un nouvel associé.

La question devient :

  1. Pour le dirigeant, comment faire accepter, accompagner et approprier sa nécessaire évolution à la tête de la PME-PMI ?
  2. Pour l’entreprise, comment réussir sa transformation incrémentale pour assurer son développement ?

La réponse : C’est à travers une action concrète que vont évoluer à la fois l’entreprise et son dirigeant.

Le Mentorat est le principe de l’action concrète et concertée.

Comment garantir qu’une action concrète soit efficace et fasse progresser à la fois l’entreprise et le dirigeant ?

Cette question a occupé de façon majeur de travail réalisé avec nos partenaires dans le cadre du projet européen TRUST ME, (www.trust-me-project.eu), dans la définition d'une mission, d'une grille de compétence, et d'un dispositif de formation dont la phase pilote se réalise fin 2017.